Antibiotiques : pendant quinze jours ou jusqu’à la guérison?

Jacques Dufresne

Vous avez déjà triché, comme moi ? Vous aviez sans doute raison. Depuis des décennies, la plupart des médecins insistent, quand ils vous prescrivent des antibiotiques, sur l’importance de poursuivre le traitement même après la guérison. La raison qui leur était donnée était la suivante : en cessant le traitement trop tôt, vous donnez aux bactéries une occasion de devenir résistantes. Comme il arrive souvent en médecine, cette hypothèse, qui n’a jamais été démontrée pour l’ensemble des traitements aux antibiotiques, est une habitude dont il est bien difficile de se défaire. Il ne fallait évidemment pas s’attendre à ce que les compagnies pharmaceutiques commandent des études quand le statu quo présentait tant d’avantages pour elles.

Depuis une dizaine d’années toutefois, les recherches indépendantes se multiplient. Si bien qu’un grand nombre de médecins partagent aujourd’hui l’avis du docteur Louis Rice[1] celui qui en 2006 commença à mettre le dogme en question dans les congrès scientifiques. Ils font l’hypothèse inverse de celle qui a créé l’habitude et dans la plupart des cas, ils n’ont aucune peine à la démontrer, ce qui est logique : plus on fait durer le traitement plus on donne aux bactéries, il en reste toujours, d’occasions de s’y adapter

Résultat : de plus en plus de médecins coupent en deux la durée de la prescription. Mais attention, la question demeure complexe. Il y a des cas où la prescription longue s’impose.

Lu dans STAT, 9 février 2017

 



[1] Dr. Louis Rice, chairman of the department of medicine at the Warren Alpert Medical School at Brown University.

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