William Kurelek - La maison sur le talus

Bernard Lebleu

On le surnomme le Bosch ou le Bruegel des Prairies canadiennes. La comparaison avec Bosch rappelle le drame de cet artiste aux prises avec de sévères troubles psychiques qui lui ont valu de passer de longues périodes en institution. Décédé en 1976 alors qu'il commençait tout juste à savourer une reconnaissance nationale, il a laissé derrière lui une oeuvre multiple, colorée, enjouée, marquée à la fois par son héritage d'immigrant ukrainien et par une foi brûlante qui se heurtait à l'indifférence d'un monde consumériste, un appel spirituel renforcé par la hantise de l'apocalypse atomique.  Il a peint les paysages plats des Prairies canadiennes, entre les grandes forêts de l'Ontario et les Montagneuses Rocheuses, comme aucun autre artiste avant – et même après lui, en inventant à la fois ses sujets et la façon de les représenter. Alors que l’été et le temps des moissons sont souvent pour l’artiste l’occasion de sombres méditations sur un avenir chargé de menaces, l’hiver est le temps de l'insouciance,  des jeux auxquels s’adonnent de minuscules figures perdues dans un océan infini de neige comme dans cette toile de 1967 intitulée La Maison sur le talus.

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En marge de la Conférence de Glasgow