Les musulmans menacent-ils d'envahir l'Europe?

ZENIT
Mgr Giuseppe Bernardini, franciscain italien et archevêque de Esmirna, en Turquie, qui vit depuis seize ans parmi les musulmans, a lancé une dure accusation contre l'islam, dans la salle du Synode. Le texte de son discours a été rendu public hier par la Salle de Presse du Saint-Siège.

Mgr Bernardini cite notamment une déclaration faite par un "musulman important" au cours d'une rencontre islamo-chrétienne : "Grâce à vos lois démocratiques", aurait dit cette personne, "nous vous envahirons ; grâce à nos lois religieuses, nous vous dominerons" ; ou cette autre déclaration : "Vous n'avez rien à nous apprendre et nous n'avons rien à apprendre".

Mgr Bernardini a expliqué aux pères synodaux que les pétrodollars ne sont pas "utilisés pour créer du travail dans les pays pauvres d'Afrique du Nord ou du Moyen Orient, mais pour construire des mosquées et des centres culturels dans les pays chrétiens où arrive l'immigration islamique, y compris à Rome". Certains craignent la réalisation d'un vrai programme d'expansion et de conquête. Mgr Bernardini a adressé une demande explicite au Saint Père : celle de convoquer un Synode ou un Symposium des évêques sur la question islamique, en invitant d'autres églises chrétiennes à y participer.

L'archevêque de Tarento, Mgr Benigno Papa, a affirmé quant à lui que "les préoccupations de Mgr Bernardini étaient partagées". Il a précisé que le dialogue devait se poursuivre "avec peut-être moins d'ingénuité de la part des catholiques".

Le thème de l'expansion islamique avait déjà été abordé dans la salle du Synode par le philosophe français Alain Besançon qui avait déclaré qu'il y a autant de musulmans présents en France (4, 5 millions) que de catholiques pratiquants. Il a ajouté que l'histoire montre que la cohabitation pacifique entre l'islam et le christianisme est précaire. "Une Église qui n'est pas sûre de sa foi court le risque de passer à l'islam", a-t-il déclaré, comme ce fut le cas au Maghreb, au Moyen Orient et dans les Balkans. Il a fait trois propositions : "Ayez le courage de voir la réalité en face, et surtout ne confondez pas le problème de l'islam avec celui de l'immigration en général ; expliquez aux chrétiens ce qu'est l'islam et spécialement les aspects directement opposés à la foi chrétienne et en même temps enseignez le respect et l'amour à l'égard des musulmans ; enseignez aux chrétiens leur religion".

Le Cardinal Godfried Danneels, archevêque de Bruxelles, a parlé d'une certaine ambiguité : "Un islam avec son monolithisme de foi, de langue, de culture, de forces économiques et politiques est un interlocuteur difficile, voire impossible". Il a ajouté que l'islam qui nous enseigne le sens de la transcendance de Dieu est bien différent.

Le Cardinal Francis Arinze, président du Conseil Pontifical pour le dialogue inter-religieux a déclaré qu'il faut former des catholiques spécialisés dans la connaissance des autres religions, surtout l'islam, et dans la manière de rencontrer les musulmans.

Ce thème avait déjà été abordé en 1991. Le document de conclusion du Synode précisait que le dialogue avec les musulmans "doit être mené avec prudence, avec les idées claires sur ses possibilités et ses limites, et en faisant confiance au projet de salut de Dieu concernant tous les enfants. Pour que la solidarité réciproque soit sincère, il faut qu'il y ait une réciprocité dans les relations, surtout dans le domaine de la liberté religieuse".

14 octobre 1999

ZF99101405
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