Le droit de ne pas savoir

Alexandre Soljénitsyne
Une critique lucide et impitoyable de la presse par le grand écrivain russe.
« La nécessité de donner avec asssurance une information immédiate force à combler les blancs avec des conjectures, à se faire l'écho de rumeurs et de suppositions qui ne seront jamais démenties par la suite et resteront déposées dans la mémoire des masses. Chaque jour, que de jugements hâtifs, téméraires, présomptueux et fallacieux qui embrument le cerveau des auditeurs - et s'y fixent! La presse a le pouvoir de contrefaire l'opinion publique, et aussi celui de la pervertir. La voici qui couronne les terroristes des lauriers d'Érostrate; la voici qui dévoile jusqu'aux secrets défensifs de son pays; la voici qui viole impudemment la vie privée des célébrités au cri de: "Tout le monde a le droit de tout savoir" (slogan mensonger pour un siècle de mensonge, car bien au-dessus de ce droit il y en a un autre, perdu aujourd'hui: le droit qu'a l'homme de ne pas savoir, de ne pas encombrer son âme créée par Dieu avec des ragots, des bavardages, des futilités. Les gens qui travaillent vraiment et dont la vie est bien remplie n'ont aucun besoin de ce flot pléthorique d'informations abrutissantes).

La presse est le lieu privilégié où se manifestent cette hâte et cette superficialité qui sont la maladie mentale du XXe siècle. Aller au coeur des problèmes lui est contre-indiqué, cela n'est pas dans sa nature, elle ne retient que les formules à sensation. »

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