Buies Arthur

24 / 01 / 1840-29 / 01/ 1901
Francis Parmentier

Francis Parmentier: Arthur Buies entre Foi et Raison
«Autrement dit, cet anti-clérical impénitent et ce porte-parole du progrès est rongé par des préoccupations d'ordre religieux beaucoup plus profondes que celles de bien des croyants. Buies est à la fois un être profondément religieux et profondément moderne. Et durant toute sa vie d'adulte, il tentera de concilier Foi et Raison.

Ainsi, dès 1873, il pose carrément le problème du matérialisme, philosophie à laquelle il a souscrit pendant de nombreuses années (Chroniques, I, p. 394). Or, de son propre aveu, la croyance en l'immortalité de l'âme ne naît pas chez lui d'un raisonnement philosophique mais de l'observation : «J'ai lu peu de choses sur l'immortalité de l'âme, à peine même l'entretien de Socrate avec ses amis la veille de sa mort. Je n'en ai pas besoin, parce que je ne tire pas mes arguments de la philosophie, mais de la nature des choses». (ibid, p. 395)

Ce rejet du matérialisme ira en s'amplifiant avec les années. En 1875, il va plus loin dans Le Dernier mot : «Matérialistes insensés!quand bien même votre système serait irréfutable, démontré à l'évidence, de le prêcher vous ferait encore les plus odieux, les plus abominables des hommes». (Chroniques, II, p. 290), et il ajoute : «l'esprit de chaque homme ne peut être qu'une émanation de celui de Dieu». (ibid, p. 292-293)

En 1878, la réflexion sur les rapports de la Science et de la Foi s'est enrichie. Anticipant le Jean-François Revel de Pourquoi des philosophes? il dénonce, non point la réflexion philosophique, mais l'esprit de système. «Tant que le champ reste ouvert à la science, les systèmes sont vains. (...) La philosophie, mot prétentieux, n'est que la fumée de notre orgueil; la science seule est la vraie philosophie, elle seule porte le flambeau dans la nuit qui nous entoure et nous apprend à ne pas juger l'être que nous ne connaissons pas, mais à l'étudier». (Chroniques, II, p. 422)»

FRANCIS PARMENTIER, «Notre avenir selon Arthur Buies», L'Agora, vol 1 no 1, septembre 1993

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Notre avenir selon Arthur Buies

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