Aubépine

Fleur sauvage du Québec. (Voir le Sentier des fleurs sauvages)
Indigène.

On la retrouve au bord des forêts, le long des routes et sur les parterres où elle fleurit dès la mi-mai, en même temps que les pommiers et les cerisiers.

L'arbuste (haut.1 à 10 m.) se reconnait à ses longues épines et à ses fleurs délicates (1,5cm) qui poussent en petits bouquets (ombelles) le long des branches. Les étamines au bout rose, jaune, rouge ou pourpre soulignent la blancheur des cinq pétales.

Les feuilles sont alternes et presque toujours dentées, de forme assez variable selon l'espèce. Les fruits apparaissent au mois d'août: sèches petites boules rouges, jaunes ou orangées.

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Il existe plus de 800 espèces d'aubépines en Amérique du Nord, développement exceptionnel qui pourrait découler d'une rupture d'équilibre écologique2. En effet, le défrichement massif des débuts de la colonie a dû favoriser l'aubépine qui pousse dans les lieux secs et ensoleillés.

Son bois est remarquablement dur.


Usage culinaire:

Membre de la grande famille des rosacées, qui comprend plusieurs arbres fruitiers tels le pommier, le poirier, le cerisier, le fraisier, etc., l'aubépine produit également un fruit comestible: la cenelle. On en fait de la gelée, de la confiture et des infusions.


Usage médical:

Effet calmant qui pourrait être utilisé contre les palpitations et l'insuffisance cardiaques, l'angine et l'hypertension artérielle.
«Au cours des 20 dernières années, plus d'une vingtaine d'études cliniques, la plupart à double insu, ont été réalisées en Europe. Portant en tout sur plus d'un millier de patients souffrant d'insuffisance cardiaque congestive légère ou modérée, elles ont démontré l'efficacité d'extraits standardisés (notamment le WS 1442) des feuilles et des fleurs de cette plante.»3

 

«Fleurs, feuilles et fruits de l'Aubépine sont tous utillisés à des fins médicinales.

En Europe, les préparations à base de baies d'aubépine sont fréquemment utillisées pour traiter les cas bénins d'angine de poitrine.

Des recherches très poussées ont permis de démontrer que les extraits d'aubépine améliorent la fonction cardiaque en ouvrant les artères coronaires. Cela entraîne une autre conséquence qui est d'améliorer l'apport de sang et d'oxygène vers le coeur. L'aubépine abaisse également les taux de cholestérol dans le sang, autre avantage bénéfique pour le coeur, et elle ne présente pas de danger, même lorsqu'elle est utillisée pendant de longues périodes, à en juger par l'expérience clinique acquise en Europe.

Dans son excellent ouvrage Herbs of Choice, le Dr Varro E. Tyler, professeur honoraire en pharmacognosie (étude des médicaments d'origine naturelle) à l'université Purdue de West Lafayette, dans l'Indiana, explique que l'influence bénéfique de l'aubépine sur le coeur est due à diverses substances complexes contenues dans la plante: les proanthocyanidines oligomériques. De plus, diverses autres substances complexes, appelées flavonoïdes, exercent également un effet bénéfique en dilatant les vaisseaux lisses des artères coronaires.

La commission E. comité d'experts chargé par le gouvernement allemand d'évaluer l'efficacité des plantes médicinales, approuve l'aubépine pour un certain nombre de troubles cardiaques. Les naturopathes recommandent une dose quotidienne de 240 à 480 milligrammes d'extrait normalisé. L'aubépine est un remède cardiaque puissant; mieux vaut par conséquent en parler avec votre médecin avant d'en prendre.»4

 


1. Crédit: Gisèle Lamoureux pour les noms français et anglais et l'étymologie.
voir son livre: Gisèle Lamoureux, Flore Printanière, Collaboration à la photographie R.Larose, Fleurbec éditeur, Saint-Henri-de-Lévis, Québec, 2002, p.130.
2. Frère Marie-Victorin, É.C., Flore Laurentienne, deuxième édition, Les Presses de l'Université de Montréal, Montréal, 1964, p.297.
3. fiche sur le Réseau Protéus

4. Extraits du livre de: James A. Duke Ph.D., La Pharmacie Verte  Version française, édition révisée: Les Éditions Modus Vivendi 3859, autoroute des Laurentides, Laval (Québec) Canada H7L 3H7 pages: 54-55.

Essentiel

Dans le langage des fleurs, l'aubépine annonce l'espoir prudent: «Quelle épine se cache derrière cette tendresse ?». C'est aussi un symbole de bonheur fugitif:


«L'aubépine dit à l'étoile:
"Bel astre d'or du sombre azur,
Qui me regarde de la toile
Du firmament tranquille et pur,

"Dis, me vois-tu? Je viens d'éclore
Au bord du verdoyant talus;
Je suis blanche étoile à l'aurore,
Et demain je ne serai plus. »

(L'Aubépine et l'étoile, suite)
SCHURÉ, Édouard, Anthologie des poètes français contemporains, Delagrave, Paris, 1925

La glycine est fanée et morte est l'aubépine

La glycine est fanée et morte est l'aubépine ;
Mais voici la saison de la bruyère en fleur
Et par ce soir si calme et doux, le vent frôleur
T'apporte les parfums de la pauvre Campine.

Aime et respire-les, en songeant à son sort
Sa terre est nue et rêche et le vent y guerroie ;
La mare y fait ses trous, le sable en fait sa proie
Et le peu qu'on lui laisse, elle le donne encor.

En automne, jadis, nous avons vécu d'elle,
De sa plaine et ses bois, de sa pluie et son ciel,
Jusqu'en décembre où les anges de la Noël
Traversaient sa légende avec leurs grands coups d'aile.

Ton coeur s'y fit plus sûr, plus simple et plus humain ;
Nous y avons aimé les gens des vieux villages,
Et les femmes qui nous parlaient de leur grand âge
Et de rouets déchus qu'avaient usés leurs mains.

Notre calme maison dans la lande brumeuse
Etait claire aux regards et facile à l'accueil,
Son toit nous était cher et sa porte et son seuil
Et son âtre noirci par la tourbe fumeuse.

Quand la nuit étalait sa totale splendeur
Sur l'innombrable et pâle et vaste somnolence,
Nous y avons reçu des leçons du silence
Dont notre âme jamais n'a oublié l'ardeur.

A nous sentir plus seuls dans la plaine profonde
Les aubes et les soirs pénétraient plus en nous ;
Nos yeux étaient plus francs, nos coeurs étaient plus doux
Et remplis jusqu'aux bords de la ferveur du monde.

Nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas,
La tristesse des jours même nous était bonne
Et le peu de soleil de cette fin d'automne
Nous charmait d'autant plus qu'il semblait faible et las.

La glycine est fanée, et morte est l'aubépine ;
Mais voici la saison de la bruyère en fleur.
Ressouviens-toi, ce soir, et laisse au vent frôleur
T'apporter les parfums de la pauvre Campine.

Émile Verhaeren

Essentiel

Dans le langage des fleurs, l'aubépine annonce l'espoir prudent: «Quelle épine se cache derrière cette tendresse ?». C'est aussi un symbole de bonheur fugitif:


«L'aubépine dit à l'étoile:
"Bel astre d'or du sombre azur,
Qui me regarde de la toile
Du firmament tranquille et pur,

"Dis, me vois-tu? Je viens d'éclore
Au bord du verdoyant talus;
Je suis blanche étoile à l'aurore,
Et demain je ne serai plus. »

(L'Aubépine et l'étoile, suite)
SCHURÉ, Édouard, Anthologie des poètes français contemporains, Delagrave, Paris, 1925

La glycine est fanée et morte est l'aubépine

La glycine est fanée et morte est l'aubépine ;
Mais voici la saison de la bruyère en fleur
Et par ce soir si calme et doux, le vent frôleur
T'apporte les parfums de la pauvre Campine.

Aime et respire-les, en songeant à son sort
Sa terre est nue et rêche et le vent y guerroie ;
La mare y fait ses trous, le sable en fait sa proie
Et le peu qu'on lui laisse, elle le donne encor.

En automne, jadis, nous avons vécu d'elle,
De sa plaine et ses bois, de sa pluie et son ciel,
Jusqu'en décembre où les anges de la Noël
Traversaient sa légende avec leurs grands coups d'aile.

Ton coeur s'y fit plus sûr, plus simple et plus humain ;
Nous y avons aimé les gens des vieux villages,
Et les femmes qui nous parlaient de leur grand âge
Et de rouets déchus qu'avaient usés leurs mains.

Notre calme maison dans la lande brumeuse
Etait claire aux regards et facile à l'accueil,
Son toit nous était cher et sa porte et son seuil
Et son âtre noirci par la tourbe fumeuse.

Quand la nuit étalait sa totale splendeur
Sur l'innombrable et pâle et vaste somnolence,
Nous y avons reçu des leçons du silence
Dont notre âme jamais n'a oublié l'ardeur.

A nous sentir plus seuls dans la plaine profonde
Les aubes et les soirs pénétraient plus en nous ;
Nos yeux étaient plus francs, nos coeurs étaient plus doux
Et remplis jusqu'aux bords de la ferveur du monde.

Nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas,
La tristesse des jours même nous était bonne
Et le peu de soleil de cette fin d'automne
Nous charmait d'autant plus qu'il semblait faible et las.

La glycine est fanée, et morte est l'aubépine ;
Mais voici la saison de la bruyère en fleur.
Ressouviens-toi, ce soir, et laisse au vent frôleur
T'apporter les parfums de la pauvre Campine.

Émile Verhaeren

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L'aubépine et l'étoile

Édouard Schuré

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