Spectacle

Voici les deux principaux sens que donne le Littré: « 1)Tout ce qui attire le regard, l'attention, arrête la vue. 2) Représentation théâtrale. »
Aller au spectale aujourd'hui c'est aussi aller au cinéma, à l'opéra, au ballet...
Ne convient-il pas d'ajouter un troisième sens, issu du vocabulaire philosophique: le spectacle comme ersatz de la réalité, illusion ? Guy Debord le définit comme «un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images» (La société du spectacle, §4).

Essentiel

Et sans doute notre temps... préfère l'image à la chose, la copie à l'original, la représentation à la réalité, l'apparence à l'être... Ce qui est sacré pour lui, ce n'est que l'illusion, mais ce qui est profane, c'est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l'illusion croît, si bien que le comble de l'illusion est aussi pour lui le comble du sacré
Feuerbach, Préface à la deuxième édition de L'Essence du christianisme.

Le savant comme spectateur

«Mais eux (les savants) sont assis au frais, à l'ombre fraîche; ils veulent partout n'être que des spectateurs et ils se gardent bien de s'asseoir où le soleil brûle les marches.
Pareils à ceux qui stationnent dans la rue et qui, bouche bée, regardent les passants, ils attendent et regardent, bouche bée, les pensées imaginées par d'autres.
Les touche-t-on de la main, ils font de la poussière autour d'eux, comme des sacs de farine; mais qui donc se douterait que leur poussière vient du grain et de la gloire dorée des champs d'été!
[...]
Ils travaillent, semblables à des moulins et à des pilons: qu'on leur jette seulement du grain! - ils s'entendent à moudre le blé et à le transformer en une poussière blanche.»
Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.
***

«De ce spectacle (celui des médias industrialisés) on peut tirer la loi suivante: les réactions affectives d'un individu s'appauvrissent, se minimisent, glissent sur le plan du jeu et de la fiction, dans la mesure où se multiplient, autour de cet individu, les excitations artificielles...»
Gustave Thibon, Vie urbaine et surmenage affectif.

Essentiel

Et sans doute notre temps... préfère l'image à la chose, la copie à l'original, la représentation à la réalité, l'apparence à l'être... Ce qui est sacré pour lui, ce n'est que l'illusion, mais ce qui est profane, c'est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l'illusion croît, si bien que le comble de l'illusion est aussi pour lui le comble du sacré
Feuerbach, Préface à la deuxième édition de L'Essence du christianisme.

Le savant comme spectateur

«Mais eux (les savants) sont assis au frais, à l'ombre fraîche; ils veulent partout n'être que des spectateurs et ils se gardent bien de s'asseoir où le soleil brûle les marches.
Pareils à ceux qui stationnent dans la rue et qui, bouche bée, regardent les passants, ils attendent et regardent, bouche bée, les pensées imaginées par d'autres.
Les touche-t-on de la main, ils font de la poussière autour d'eux, comme des sacs de farine; mais qui donc se douterait que leur poussière vient du grain et de la gloire dorée des champs d'été!
[...]
Ils travaillent, semblables à des moulins et à des pilons: qu'on leur jette seulement du grain! - ils s'entendent à moudre le blé et à le transformer en une poussière blanche.»
Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.
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«De ce spectacle (celui des médias industrialisés) on peut tirer la loi suivante: les réactions affectives d'un individu s'appauvrissent, se minimisent, glissent sur le plan du jeu et de la fiction, dans la mesure où se multiplient, autour de cet individu, les excitations artificielles...»
Gustave Thibon, Vie urbaine et surmenage affectif.

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