Souverainisme

«Le souverainisme comme philosophie et mouvement politique est un phénomène relativement récent. La nouveauté de ce vocable est attestée par son absence des dictionnaires. (...) Par ailleurs, si les dictionnaires ignorent la chose, ils reconnaissent ceux qui en font la promotion, puisque dans le Larousse, le mot souverainiste désigne les partisans de l'accession de la province de Québec au statut d'État souverain.

L'entrée du mot souverainisme dans le vocabulaire politique date de la fin des années soixante. Le concept fut inventé par les dirigeants du Parti québécois pour définir le projet d'émancipation politique du Québec afin de libérer les Québécois de la tutelle des institutions politiques fédérales et assurer le développement d'une société française en Amérique. (...)

Par une ruse de l'histoire, l'histoire du Québec annonce peut-être l'histoire à venir de la France. Autrement dit, le Québec a peut-être un siècle d'avance sur le destin de la France en ce sens que le Québec a vécu depuis la mise en place de la fédération canadienne les conséquences de l'étiolement de la souveraineté et c'est cette situation qui pourrait caractériser l'avenir de la France au tournant du millénaire où se profile l'institution d'une fédération européenne.»

Denis Monière, Le Québec d'aujourd'hui préfigure-t-il la France de demain?, Vox Latina, mars 2002

Essentiel

«Le souverainisme, ce mot que nous avons dû batailler pour que nos amis l'adoptent, s'adresse à plusieurs familles politiques françaises - de droite comme de gauche. Il ne peut se penser qu'en globalité, en tenant pour indissociables ses deux composantes, la souveraineté nationale et la souveraineté populaire. Défendre la souveraineté nationale en perdant de vue le souci social, c'est-à-dire sans défendre en même temps la souveraineté populaire, c'est priver la Souveraineté non seulement de son contenu politique mais aussi des forces sociales qui le sous-tendent, lui donnent sa force et sans lesquelles elle n'est qu'une très fragile construction. C'est l'erreur de la droite nationale qui risque toujours de n'être plus qu'une droite banale. A l'inverse, et symétriquement, défendre la souveraineté populaire sans défendre la souveraineté nationale, c'est-à-dire croire que l'on peut se borner au seul souci social, c'est se priver de tout instrument d'action collective dans les vastes filets de la mondialisation et se livrer, impuissant, aux rapports de force internationaux où nulle volonté ne peut prendre corps. Ici s'inscrit la seule stratégie possible pour le jeune RPF, lequel est d'abord un mouvement intellectuel qui doit apprendre à penser la Souveraineté dans l'ampleur de sa logique: elle est un tout, ou elle n'est rien. Pour cette raison le souverainisme devra par construction faire travailler ensemble la droite et la gauche, comme le fit jadis le gaullisme. Semblable logique n'est d'ailleurs pas autre chose que celle de ce Bien Commun qui s'appela longtemps Respublica et qui se nomme aujourd'hui la République

Paul-Marie Coûteaux et William Abitbol, Souverainisme j'écris ton nom, Le Monde, 23 mars 2000

Essentiel

«Le souverainisme, ce mot que nous avons dû batailler pour que nos amis l'adoptent, s'adresse à plusieurs familles politiques françaises - de droite comme de gauche. Il ne peut se penser qu'en globalité, en tenant pour indissociables ses deux composantes, la souveraineté nationale et la souveraineté populaire. Défendre la souveraineté nationale en perdant de vue le souci social, c'est-à-dire sans défendre en même temps la souveraineté populaire, c'est priver la Souveraineté non seulement de son contenu politique mais aussi des forces sociales qui le sous-tendent, lui donnent sa force et sans lesquelles elle n'est qu'une très fragile construction. C'est l'erreur de la droite nationale qui risque toujours de n'être plus qu'une droite banale. A l'inverse, et symétriquement, défendre la souveraineté populaire sans défendre la souveraineté nationale, c'est-à-dire croire que l'on peut se borner au seul souci social, c'est se priver de tout instrument d'action collective dans les vastes filets de la mondialisation et se livrer, impuissant, aux rapports de force internationaux où nulle volonté ne peut prendre corps. Ici s'inscrit la seule stratégie possible pour le jeune RPF, lequel est d'abord un mouvement intellectuel qui doit apprendre à penser la Souveraineté dans l'ampleur de sa logique: elle est un tout, ou elle n'est rien. Pour cette raison le souverainisme devra par construction faire travailler ensemble la droite et la gauche, comme le fit jadis le gaullisme. Semblable logique n'est d'ailleurs pas autre chose que celle de ce Bien Commun qui s'appela longtemps Respublica et qui se nomme aujourd'hui la République

Paul-Marie Coûteaux et William Abitbol, Souverainisme j'écris ton nom, Le Monde, 23 mars 2000

Articles


Le souverainisme français ou la protestation contre la machine Europe

Marc Chevrier
Article paru dans le magazine L'Agora, vol. 8, no 4, octobre-novembre 2001

La fin du souverainisme... mais peut-être pas de l’indépendance

Marc Chevrier
Où en est donc le Québec? Confuse aux yeux des Québécois eux-mêmes, la situation actuelle dans la Belle Province doit paraître incompréhensible aux étrangers. Dans cet article, sans doute la première étude en profondeur des événements ré



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