Abstraction

Dans sa Logique (1800), Kant définissait l'abstraction comme la séparation de tout ce en quoi les représentations données se distinguent. L'abstraction est donc l'action de l'esprit consistant à mettre à part un élément d'une représentation donnée, en portant spécialement l'attention sur lui et en négligeant tous les autres.

L'idée d'abstraction et la théorie qui l'accompagne remonte en droite ligne à Aristote. De l'observation des objets concrets, l'intelligence, nous dit Aristote, tire des concepts ou idées générales: table, meuble, etc. Le procédé par lequel on passe ainsi du particulier au général, de la diversité à l'unité, Aristote l'appelle abstraction, mot provenant du latin abstrahere qui veut dire tirer de. Dans le concept de table, tout ce qui subsiste des tables concrètes, c'est une forme commune à chacune d'elles. La couleur et toutes les autres qualités sensibles ont disparu. Vue sous cet angle, l'abstraction est une réduction. Quand j'abstrais, je réduis le réel à l'une de ses dimensions.

Aristote distingue trois niveaux d'abstration. Un concept comme celui de table est situé au premier niveau. La quantité, objet des mathématiques, est situé au second niveau. L'être, objet de la métaphysique, constitue le troisième niveau.

Essentiel

Dans l'acte d'abstraction, on fait abstraction des élément qu'on néglige. «Faire abstraction de» en vient ainsi à désigner le contraire de ce qu'on appelle «abstraire» ou «considérer par abstraction» (André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Paris, PUF, 1968, p. 8).

Essentiel

Dans l'acte d'abstraction, on fait abstraction des élément qu'on néglige. «Faire abstraction de» en vient ainsi à désigner le contraire de ce qu'on appelle «abstraire» ou «considérer par abstraction» (André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Paris, PUF, 1968, p. 8).

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