La découverte du stress

Jacques Dufresne

Hans Selye, conférencier émérite, a consacré sa vie à l'avancement de la science. Il a traversé le monde pour répandre le fruit de son oeuvre scientifique: la découverte du concept du stress. Plus d'un demi-siècle de travail acharné, une vie consacrée à l'étude de la survie dans une société fertile en tension: en résumé, il voulait aider les gens à bien vivre leur vie. Dans ses nombreux livres et articles, il nous suggère comment utiliser le stress pour améliorer notre dynamisme personnel. Tel qu'il le répétait sans cesse, le stress est indispensable à la vie et l'absence totale de stress, c'est la mort.

«L'idée du concept de stress et du syndrome général d'adaptation (S.G.A.) m'est venue en 1925, alors que j'étudiais la médecine à l'Université de Prague. [...]

Je ne pouvais comprendre pourquoi, dès l'aube de l'histoire de la médecine, des médecins ont concentré tous leurs efforts sur la reconnaissance de la maladie particulière et la découverte de remèdes spécifiques sans prêter aucune attention à quelque chose de beaucoup plus évident: "le syndrome du simple fait d'être malade". Je savais qu'un syndrome est "un groupe de signes et de symptômes qui se présentent ensemble et caractérisent une maladie". Eh bien! les patients que je venais de voir avaient un syndrome, mais il semblait que ce fût un syndrome caractérisant la maladie en tant que telle et non une maladie particulière. Serait-il possible d'analyser ce "syndrome général de la maladie" et peut-être même trouver des remèdes capables d'agir contre le facteur non spécifique dans la maladie? Ce ne fut, cependant, que dix années plus tard que je parvins à exprimer tout cela dans le langage précis de la description scientifique fondée sur l'expérimentation. [...]

Dans son ensemble, le syndrome de stress, ou syndrome général d'adaptation (S.G.A.) évolue selon trois stades successifs: 1) La "réaction d'alarme" pendant laquelle les forces de défense sont mobilisées; 2) Le "stade de résistance" qui reflète la complète adaptation à l'agent "stressant"; 3) Le "stade d'épuisement" qui suit inexorablement pourvu que l'agent stressant soit assez puissant et agisse assez longtemps, le pouvoir d'adaptation d'un être vivant étant toujours limité».

Autres articles associés à ce dossier

À lire également du même auteur

Du cimetière marin de Sète à celui de Deschambault
Le cimetière de Deschambault: un autre  lieu en attente d'un poète et d'u

Patrimoine religieux : de l’esprit des lieux aux lieux de l’esprit
"Nous choisissons la forme de nos bâtiments, plus tard ce sont eux qui déterminent

Julie Payette ou l’abdication de la première reine astronaute
Voici une bonne raison de remplacer Julie Payette par un ou une autochtone.

Hôpitaux : priorité aux donneurs de sens
Version complète d'un article paru dans le journal Le Devoir le 22 janvier 2021

Jeûne médiatique
Ascèse appropriée à une humanité où, en raison de l'omnipr&ea

Les trois virus : biologique, informatique et idéologique
Les deux premiers sont bien connus. Définition du troisième : une idée s&e

Éblouir pour régner
Où l'on voit comment, fort de ses connaissances en optique, Descartes propose au roi d




Nos suggestions