La Lettre de L'Agora - volume 16 - numéro 1


Les médias, marchands de désillusions

Les Illusions perdues et retrouvées : démocratie et mensonge à la lumière de l’œuvre de Balzac

Georges-Rémy Fortin

Dans Les Illusions perdues, Balzac nous montre l’industrie journalistique comme une technique d’amplification des illusions naturelles de l’être humain. Cette subjectivité à l’œuvre dans le journalisme de la Restauration a enfanté les révolutions et les changements constitutionnels qui ont permis à la bourgeoisie française de remplacer définitivement l’aristocratie. Le retour des illusions nous prépare-t-il un passage du pouvoir des classes moyennes aux oligarques du numérique ?

Les médias face à la nouvelle censure

Jacques Larochelle

À côté de la pensée individuelle, essentiellement le fruit d’un esprit unique qui, par une patiente recherche de l’information parvient à une vision nouvelle et juste d’un aspect de la réalité, il existe aussi le phénomène de la pensée collective. Et la grande affaire de l’humanité, du moins de l’humanité pensante, est de contrôler et de critiquer cette pensée collective, aussi peu sûre qu’envahissante, à la lumière de la pensée individuelle réussie. 

Le défi de notre apparition dans le monde

André Baril

La scène médiatique spectaculaire prétend être devenue la nouvelle institution capable de paver la voie de l’humanisation en répondant à tout désir d’épanouissement personnel et de reconnaissance. Mais cette scène médiatique est aussi une industrie, la tour de contrôle de la production capitaliste, qui prétend remplacer la transcendance en aplanissant toute réalité et en valorisant une individualisation extrême.

Les médias et la question de la médiation

Jean-Philippe Trottier

Les médias nous mentent, entend-on dire de plus en plus. Ce jugement a reçu son sceau d’approbation sous l’ère Trump, avec la multiplication des intox et des fausses nouvelles. La crise serait profonde et prendrait racine dans l’obscurcissement progressif de la fonction médiatrice. 



Éducation - le retour des classiques

Éducation au Québec, les racines d’une illusion

Jean Gadbois

L’éducation ne se situe pas en amont de la société, ce n’est pas elle qui la définit. C’est exactement le contraire, c’est la société qui définit l’école qu’elle souhaite. Idéologique, l'école qu’elle génère est ultimement celle qu’elle mérite. Elle ne souhaite pas, ne veut pas (ni ne rêve) mieux constate l'auteur. 

Le retour des classiques dans les classes du Québec

Le choix des classiques nous met devant deux grands défis : exclure l’idéal gangrené par l’idéalisation, l’embellissent, l’eau de rose; exclure aussi la critique cynique, complaisante, cette idéalisation par le bas appelé avilissement.

Choisir ses classiques ou choisir ses mentors ?

Youri Pinard

Pourquoi veut-on rétablir l'enseignement des classiques au collégial? Cherche-t-on à transmettre un savoir encyclopédique universel ? Un genre de guide alimentaire canadien version intellectuelle ? Ou cherche t-on à créer une cohérence, une âme complète ? Est classique ce qui peut nourrir l’âme, élargir, élever et approfondir la vie de l’âme, point final, croit Youri Pinard.



Politique

Du royalisme britannique outre-Manche

Marc Chevrier

L'accueil enthousiaste réservé au nouveau roi Charles III est un témoignage de plus que la République instaurée en France en 1875 n’a pas tout à fait éteint le désir nostalgique d’un retour à la monarchie chez les Français.



Philosophie

Simone Weil parmi les classiques

Nos lecteurs savent l’importance de Simone Weil dans notre agora encyclopédique. Nous lui devons notre principe directeur : « accueillir toutes les opinions, les loger au niveau qui convient, les composer verticalement. »

« Le réalisme métaphysique au Québec » (vidéo) : conférence de Pierre-Alexandre Fradet

Georges-Rémy Fortin

Dans cette conférence captée sur vidéo, le philosophe Pierre-Alexandre Fradet développe plus en profondeur son concept de réalisme métaphysique québécois.



Nouvelle

Un humoriste

Nicolas Bourdon

Humoriste à succès, Vincent avait songé jadis à s’inscrire en lettres plutôt qu’à l’École nationale de l’humour. Il enviait cet ami qui avait choisi cette voie ardue et qui écrivait des textes poignants de vérité, entre l’ombre et lumière, entre rire et tristesse. C’est ce que Tchekhov, ce maître de l’humour, avait compris. Tandis que lui, il devait « puncher » à tout prix !



Cinéma

Réflexion sur le film Le Temps d'un été

Richard Lussier

Sorti en salles cet été, Le temps d’un été est un film aux belles qualités cinématographiques, mais qui se contente de perpétuer la grande entreprise de démolition du catholicisme héritée de la révolution tranquille tout en présentant une version diluée du christianisme. Après un demi-siècle de church bashing, ne serait-il pas temps de passer du ressentiment à la reconnaissance pour tout ce qu'ont construit religieux et religieuses au Québec ?