Silene enflé

«Plante vivace se reproduisant par germination et par enracinement de courts rameaux souterrains issus du collet et de fragments de collet découpés par les machines agricoles. On le reconnaît à la texture lisse, glabre et glaucescente de toutes ses parties et à son calice vésiculeux, lisse et parcheminé qui contient une petite capsule.» Gouvernement de l'Ontario, suite


Essentiel

Silène était le maître de Dionysos (Bacchus) dieu de la vigne et des plaisirs bruyants.

Dans la langage des fleurs, le silène est associé à l'ivresse.

Dans la page qui suit, Henri Pourrat, évoque le silène participant à la fête des fleurs, une fête qui rafraîchissait le sang:

«La prairie se mêlait ainsi aux ruines. Et il n'est pas de prairies sur terre qui portent de plus grandes fleurs et à plus grand'foison que celles de l'Ermitage. Leur foin bougeait, aux souffles qui couraient sur sa houle comme des fumées roses ou rousses, couchant et roulant par ondes toute sa fine bourre de panaches, d'aigrettes, de pinceaux, de massettes et de pampilles. Les fleurs, là-dedans, c'étaient cent mille personnes d'un monde de couleur. Sur les bords, la verveine et des touffes de mauves bleues aux feuillages en ramages; et, dans les creux, ces soucis d'eau luisants qu'on a nommés des joyes, de hauts bouquets de reines des prés, des angéliques; la marguerite, qui sait les secrets, et l'arnica qui est comme une marguerite jaune; la centaurée, le nez-d'ivrogne, le silène, l'orpin. le mélilot, le lychnis, la bourrache; des boutons d'or aussi gros que des anémones; et partout la pensée avec la campanule, l'oeillet de la montagne et le millepertuis, le sceau de Salomon, le gant de Notre- Dame. Toutes, toutes, en astres ou en rosaces, en grappes ou en clochettes, on les découvrait, peintes à vif dans leur fraîcheur mouillée. C'était la fête des -fleurs, une fête qui rafraîchissait le sang; et l'on comprenait que ce lieu eût paru à un petit garçon l'entrée même du paradis. Quel bienheureux silence! Les jeunes filles s'étaient agenouillées sur leurs mouchoirs. Gaspard, d'un long regard, ne lâchait plus ces couples. Valentin avait pâli. Très lentement, comme sans bouger, i l levait une main, touchait d'un doigt le coin de son oeil, redevenait immobile. Il dit son oui assez bas, en appuyant de la tête, à peine, avec une gravité d'émotion qui saisissait.»

Henri Pourrat, Gaspard des montagnes, Tome 2,  Le livre de poche, 1966, p.243

Essentiel

Silène était le maître de Dionysos (Bacchus) dieu de la vigne et des plaisirs bruyants.

Dans la langage des fleurs, le silène est associé à l'ivresse.

Dans la page qui suit, Henri Pourrat, évoque le silène participant à la fête des fleurs, une fête qui rafraîchissait le sang:

«La prairie se mêlait ainsi aux ruines. Et il n'est pas de prairies sur terre qui portent de plus grandes fleurs et à plus grand'foison que celles de l'Ermitage. Leur foin bougeait, aux souffles qui couraient sur sa houle comme des fumées roses ou rousses, couchant et roulant par ondes toute sa fine bourre de panaches, d'aigrettes, de pinceaux, de massettes et de pampilles. Les fleurs, là-dedans, c'étaient cent mille personnes d'un monde de couleur. Sur les bords, la verveine et des touffes de mauves bleues aux feuillages en ramages; et, dans les creux, ces soucis d'eau luisants qu'on a nommés des joyes, de hauts bouquets de reines des prés, des angéliques; la marguerite, qui sait les secrets, et l'arnica qui est comme une marguerite jaune; la centaurée, le nez-d'ivrogne, le silène, l'orpin. le mélilot, le lychnis, la bourrache; des boutons d'or aussi gros que des anémones; et partout la pensée avec la campanule, l'oeillet de la montagne et le millepertuis, le sceau de Salomon, le gant de Notre- Dame. Toutes, toutes, en astres ou en rosaces, en grappes ou en clochettes, on les découvrait, peintes à vif dans leur fraîcheur mouillée. C'était la fête des -fleurs, une fête qui rafraîchissait le sang; et l'on comprenait que ce lieu eût paru à un petit garçon l'entrée même du paradis. Quel bienheureux silence! Les jeunes filles s'étaient agenouillées sur leurs mouchoirs. Gaspard, d'un long regard, ne lâchait plus ces couples. Valentin avait pâli. Très lentement, comme sans bouger, i l levait une main, touchait d'un doigt le coin de son oeil, redevenait immobile. Il dit son oui assez bas, en appuyant de la tête, à peine, avec une gravité d'émotion qui saisissait.»

Henri Pourrat, Gaspard des montagnes, Tome 2,  Le livre de poche, 1966, p.243

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