Port

«Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir.» Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose

Essentiel

«Gloire des ports dans le soleil couchant…

Mélancolie tragique des rades au crépuscule, quand le globe de feu et de sang, pareil au destin que rien n’arrête, rapide glisse vers le lit des vagues vertes, et descend.

Gloire et deuil somptueux des jetées envahies par l’ombre, et des phares lointains qui s’allument, à l’heure muette où tout frissonne de quelque songe…

Celui qui est né dans les villes puissantes, où la mer clapote doucement contre les quais, tandis qu’au loin on l’entend qui gronde, et bat les blocs; - celui qui a ouvert les yeux dans les maisons qui font face au port, où les grands bateaux dorment, pour une nuit à l’ancre, et sentent déjà l’odeur de houille du départ, serves chimères du voyage, accroupies sur l’eau noire; - celui qui a tété le sein d’une blanche femme, silencieuse et timides dans les métropoles violentes, où tout est tumulte, coup de force et de hasard, aventure ou sinistre, ivresse du retour ou douleur de l’adieu : celui-là, jamais, ne voit venir le soir sans rêve; et, pour lui, à tous les flots des hommes et des choses se mêlent, en murmurant, les ondes de la brume et les vagues de la mer.

Gloire étrange des ports dans le soleil couchant…» André Suarès

Essentiel

«Gloire des ports dans le soleil couchant…

Mélancolie tragique des rades au crépuscule, quand le globe de feu et de sang, pareil au destin que rien n’arrête, rapide glisse vers le lit des vagues vertes, et descend.

Gloire et deuil somptueux des jetées envahies par l’ombre, et des phares lointains qui s’allument, à l’heure muette où tout frissonne de quelque songe…

Celui qui est né dans les villes puissantes, où la mer clapote doucement contre les quais, tandis qu’au loin on l’entend qui gronde, et bat les blocs; - celui qui a ouvert les yeux dans les maisons qui font face au port, où les grands bateaux dorment, pour une nuit à l’ancre, et sentent déjà l’odeur de houille du départ, serves chimères du voyage, accroupies sur l’eau noire; - celui qui a tété le sein d’une blanche femme, silencieuse et timides dans les métropoles violentes, où tout est tumulte, coup de force et de hasard, aventure ou sinistre, ivresse du retour ou douleur de l’adieu : celui-là, jamais, ne voit venir le soir sans rêve; et, pour lui, à tous les flots des hommes et des choses se mêlent, en murmurant, les ondes de la brume et les vagues de la mer.

Gloire étrange des ports dans le soleil couchant…» André Suarès

Articles


Les ports canadiens infiltrés par le crime organisé

Extrait du cinquième rapport du Comité sénatorial permanent de la défense et de la sécurité: L'état de préparation du Canada sur les plans de la sécurité et de la défense, 37e Parlement, 1ère session, février 2002



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