Photosynthèse

Ce sont en réalité les rayons du soleil qui procurent aux êtres vivants leur énergie, ce qui a permis à Györgyi d'affirmer que la vie «la vie est un petit courant électrique alimenté par le soleil».

Les deux événements principaux de ce cycle de l'énergie, la photosynthèse dans les plantes et la respiration chez les animaux, illustrent merveilleusement cette définition. Dans ces deux cas, le processus en cause se ramène à des électrons qui dégagent de l'énergie en passant d'une orbite élevée à une orbite basse par rapport au noyau. D'où l'idée que la vie est un petit courant électrique.

C'est la chlorophylle, à qui la terre doit aussi en partie sa couleur: le vert qui est responsable de la photosynthèse. La chlorophylle est un pigment vert qui sert de catalyseur dans une réaction produisant du glucose à partir d'un mélange de gaz carbonique et d'eau.

Qui n'a pas éprouvé la joie que donne, au printemps, la première verdure. Cette joie esthétique est l'écho qualitatif de processus chimiques essentiels à la vie. Comment dissocier l'un de l'autre les deux regards sur la vie?

Pour briser les liaisons du gaz carbonique et de l'eau il faut de l'énergie. Et pour créer les liaisons entre les mêmes atomes à l'intérieur du glucose, il faut encore plus d'énergie. Cette énergie vient du soleil, plus précisément des particules qui constituent la lumière, les photons. En heurtant les électrons, les photons les projettent sur une orbite supérieure d'où ils retombent en dégageant l'énergie nécessaire aux réactions chimiques.

La nouvelle énergie se trouve ainsi emmagasinée dans les liaisons de la molécule de glucose. Le glucose, ce sucre dont on a tant besoin lors d'exercices violents! Cette molécule est l'équivalent d'un thermos ou d'une pile électrique. Elle est un stratagème de la nature pour conserver l'énergie et la transporter d'un lieu à un autre.

Le lieu auquel cette énergie est destinée c'est le corps des animaux. Le glucose est enfermé dans les aliments que nous absorbons. La digestion l'isole des autres éléments, dont la plupart seront rejetés, et les transporte dans les cellules. C'est là - et non dans les poumons - qu'aura lieu la respiration. Il s'y produira une réaction entre le glucose et l'oxygène, lequel puisé dans l'air, a été tranporté jusqu'à la cellule par l'hémoglobine, les globules rouges du sang. Voici le schéma de cette réaction.

L'énergie produite prend la forme d'un petit ressort comprimé qu'on appelle ATP, adénosine triphosphate. La réaction produit toujours de l'eau. D'où l'urine... et la sueur qui est aussi liée à nos exercices violents que le besoin de sucre.

L'image du petit ressort comprimé est commode mais trompeuse. Dans notre corps, comme dans la plante, l'énergie est encore une danse d'électrons, un petit courant électrique. Mais la ronde s'élargit et s'élève de la matière inorganique à la plante, de la plante à l'animal et l'ordre triomphe du désordre: le temps d'une vie, le temps de la vie.

Cette ronde d'électrons ensoleillés qui s'élargit et s'élève est, pour Györgyi, un aspect de la «poussée vers la synthèse, vers l'auto-perfection» à laquelle on reconnaît la vie.




Essentiel

La photosynthèse comme métaphore

À l'instar de Simone Weil, notamment, on peut utiliser la photosynthèse comme métaphore pour penser le rapport de l'homme avec la source surnaturelle de vie et de lumière. Grâce à la photosynthèse, les plantes captent l'énergie solaire et l'enferment dans des molécules à base de carbone, lesquelles libèrent ensuite leur énergie à l'intérieur des vivants supérieurs, dont l'homme. De façon analogue, les grands artistes captent les rayons du soleil spirituel et les enferment dans des oeuvres qui constituent les nourritures spirituelles dont les êtres humains ont besoin autant que des nourritures matérielles.
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Seules les métaphores ont varié pour expliquer le mystère du lien entre l'oeuvre d'art et une source transcendante d'inspiration. La métaphore de la photosynthèse convient bien à notre époque.Simone Weil en étend la portée à l'ensemble des rapports de l'homme avec le divin.

Enjeux

Une photosynthèse plus efficace. À quel prix?

«Afin d'optimiser cette opération, des chercheurs japonais ont créé une "superenzyme" qui accélère la fixation du carbone, phase la plus lente de la photosynthèse. Grâce à quelques manipulations génétiques, ils ont réussi à améliorer la RuBisCo, la moins efficace des treize enzymes impliquées dans l'utilisation de la lumière solaire pour fabriquer des hydrates de carbone à partir de CO2 et d'H20. Selon l'équipe du Research Institute for Innovative Technology for the Earth (RITE), cette nouvelle enzyme pourrait permettre de doubler la vitesse de fixation du CO2, par les plantes. Le RITE soutient les projets de recherche et de développement destinés à résoudre le problème du réchauffement global de la planète. L'accent est mis sur les technologies de séparation, de récupération et de réutilisation du C02, dont l'augmentation est la principale cause de l'effet de serre.»

Suzanne Banville, Cégep de Sept-Îles, Source et suite

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