Semmelweis Ignaz Philipp

1818-1865

À propos d'une Note sur la fièvre puerpérale rédigée par Semmelweis

M. Semmelweis, chef de clinique à l’hôpital général de Vienne, adresse une Note sur la fièvre puerpérale, et sur une cause qu’il regarde comme présidant très fréquemment au développement de cette maladie.

La fréquence de la fièvre puerpérale, dans certains hospices, a porté plusieurs praticiens à considérer cette affection comme du nombre de celles qui peuvent revêtir un caractère épidémique. L’auteur de la Note ne partage point cette opinion. Il a cru remarquer que la maladie ne règne pas également dans tous les services d’accouchement, mais qu’elle sévit principalement dans ceux où sont admis des élèves en médecine qui s’occupent de dissections. Autrefois, dit-il, les élèves en médecine et les élèves sages-femmes étaient répartis dans les deux cliniques d’accouchement qui existent au grand hôpital de Vienne: la maladie régnait dans les deux services avec une égale intensité. À partir de 1836, la première clinique fut assignée aux élèves en médecine; la deuxième, réservée exclusivement aux élèves sages-femmes. À dater de ce jour, il y eut entre les deux services une différence énorme sous le rapport de la mortalité, et cette différence se soutint jusqu’au mois de mai 1847, époque à laquelle on prescrivit des mesures dont le succès sembla prouver qu’on avait bien reconnu la vraie cause du mal. L’auteur fait remarquer que, dans les neuf mois qui se sont écoulés, les plus bas chiffres de mortalité ont correspondu aux mois d’hiver qui étaient auparavant les plus funestes, et qui sont les mois où les élèves appelés à pratiquer le toucher s’occupent davantage de dissections. Il regarde, en effet, la fièvre puerpérale des hospices comme étant, dans bien des cas, le résultat d’une infection contagieuse produite par des éléments cadavériques.

Suivant lui, l’emploi de l’eau simple ou de l’eau de savon ne suffit pas pour détruire complètement les substances délétères qui restent attachées à l’épiderme des mains; mais des ablutions pratiquées avec une solution concentrée de chlorure de chaux mettent à l’abri de toute chance d’infection.

Commissaires, MM. Velpeau, Lallemand, Rayer.

source: Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences (Institut de France), janvier-juin 1848, p. 254-255.

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