Canot

Le célèbre canot d'écorce amérindien

"Mot d’origine amérindienne, passé en français par l’intermédiaire de l’espagnol canoa, à la fin du XVIe et au XVIIe siècle.

Ce véhicule est fait d’écorces de bouleaux, cousues ensemble avec la racine d’épinette. L’écorce est garnie à l’intérieur de très minces planchettes de cèdre ou de quelque autre bois léger; ce sont les lisses. Sur le travers de ces lisses, à cinq pouces à peu près de distance, sont les courbes ou varangues qui tiennent tout le canot. Leurs extrémités sont fixées dans une pièce de bois qui entoure le canot et dont les bouts sont repliés pour former les pinces; cette pièce prend le nom de maître. Le canot peut mesurer de 30 à 33 pieds de longueur sur 5 de largeur et 2 de profondeur. Il joint à beaucoup de solidité et de capacité une légèreté telle que deux hommes le peuvent porter sur leurs épaules. Il est mis en mouvement au moyen d’avirons que les voyageurs font battre en cadence avec une vitesse et une adresse surprenantes. Le gouvernail, ou plutôt celui qui le tient, est seul debout à l’arrière; le guide, seul à l’avant. Les autres hommes, qu’on nomme les milieux, sont placés deux à deux sur des bancs disposés à cet effet. Quand la frêle embarcation reçoit quelques brêches, il faut sans retard décharger sur le rivage et procéder à son radoub. L’opération se fait de deux manières. Si le dommage est considérable, il faut poser une pièce que l’on coud avec du watap ou racine d’épinette; si l’accident est moindre, il suffit de gommer avec la racine de sapin. Comme toutes les coutures des pièces sont recouvertes de gomme pour fermer tout passage de l’eau, il arrive souvent que cette résine fonde à la chaleur ou s’enlève au choc des roches dans les rivières et leurs rapides; il faut alors de toute nécessité regommer les coutures plusieurs fois le jour."

source: Louis Le Jeune, Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, moeurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Ottawa, Université d'Ottawa, 1931, vol. 1, p. 297

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