Assurance

À l'origine l'assurance était une forme de charité. On découvrit très vite qu'elle pouvait être aussi une excellente façon de créer des capitaux. L'assurance devait ensuite osciller entre ces deux pôles.

E. Wright, celui que l’on appelle the Father of Life Insuranceaux États-Unis, est présenté par l’historien Daniel Boorstin, non comme un Business man, mais comme un Reformer. Il avait milité auparavant dans les mouvements anti-esclavagistes. Comme tant d’autres à son époque, il diffusait la bonne nouvelle de l’assurance, comme s’il s’était agi de l’Évangile. Henry B. Hyde, le fondateur de la compagnie Equitable présentait la vente de l’assurance comme un missionnariat.[...]

Bienfait pour les pauvres, occasion inespérée pour les riches; oeuvre de charité d'un côté, de l'autre méthode géniale de gestion du capital. On ne mettra jamais assez en relief cette nature hybride de l'assurance. C'est ce qui en fait un prodigieux outil de développement.

Cet outil atteint le sommet de son efficacité lorsqu'il y a équilibre entre des deux pôles: la charité et le capital. Cet équilibre est atteint lorsque les gestionnaires sont assez près de la base, des assurés, pour placer l'argent recueilli avec discernement et que, d'autre part, les assurés se sentent assez solidaires entre eux et avec les gestionnaires pour demeurer honnêtes.

Où ce point d'équilibre se situe-t-il ? Quelle est la taille idéale d'une compagnie d'assurances? Il semble que l'homme moyen peut entretenir des rapports personnels avec cinq cents individus au maximum, à condition qu'ils ne soient pas à une trop grande distance les uns des autres. C'est pourquoi plusieurs estiment que le nombre d'élèves ne doit pas dépasser cinq cents dans une maison d'enseignement.

Je n'en conclurai pas qu'il faut limiter le nombre des assurés à cinq cents. Je soutiendrai cependant qu'une fois dépassé un certain seuil, se situant plus près de cinq cents que de cinq cent mille, il y a déséquilibre dans la compagnie d'assurances en faveur du pôle compagnie de gestion et au détriment du pôle oeuvre de solidarité ou de charité.

Or à l'heure actuelle, divers phénomènes comme la mondialisation, les regroupements d'entreprises et l'entrée en scène de géants comme Desjardins ont pour effet de renforcer le pôle gestion et de faire en sorte que les assurés ne soient plus que des clients, aussi peu solidaires que possible. » (J. D.)

(suite)

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Gérard Gosselin
Les Québécois sont les plus assurés des Canadiens, qui sont eux-mêmes les plus assurés au monde après les Japonais. Les leçons à tirer de l'histoire de la compagnie d'assurances La Laurentienne.

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