Pétition en faveur d'Omar Khadr

Hélène Laberge

La pétition

Que faudra-t-il pour convaincre le gouvernement fédéral qu’Omar Khadr mérite réparation pour avoir été abandonné par Ottawa alors qu’il croupissait à Guantánamo ? La poursuite civile lancée par ses avocats il y a bientôt 13 ans traîne inutilement en longueur. À quelles fins ? Gagner du temps ? Mais pour qui ? Manon Cornellier « Omar Khadr: cela a trop duré. » Le Devoir, 27 février 2017

En 2016, Jacques Dufresne avait eu une longue conversation avec Me Dennis Edney, le défenseur d’Omar depuis le jour où il a vu un enfant de quinze ans, l’âge d’un de ses fils, couché à même le sol dans la prison de Guantanamo : « Il avait constamment des fers aux pieds: au moment des interrogatoires, on le forçait à boire de l’eau en lui interdisant d’uriner jusqu’à ce que sa vessie l’oblige à le faire, par terre. On lui ordonnait ensuite de se rouler sur le plancher pour essuyer le tout. Il devait le faire en se contorsionnant sur le plancher. À Guantanamo on appelle cette torture la human mop technique, le supplice de la vadrouille. » (Jacques Dufresne, entrevue avec Me Dennis Edney, 7 février 2016)

À partir de ce moment, Me Edney a fait de la libération d’Omar son cheval de bataille. C’est lui qui a contribué à faire connaître les tortures infligées aux prisonniers, au cours de ses nombreux voyages à Guantanamo. « Libéré sous caution en mai 2015, Omar Khadr (qui vit maintenant en Alberta) dépend toujours de la générosité d’un de ses avocats, Dennis Edney, pour subvenir à ses besoins. Aux prises avec des problèmes de santé chroniques et des traumatismes psychologiques attribuables à sa longue détention et aux mauvais traitements subis, il n’a pas les moyens d’obtenir toute l’aide qu’il requiert. » (Manon Cornellier, op.cit.)

Le gouvernement Trudeau a décidé « d’abandonner la contestation de la mise en liberté sous caution de M. Khadr » Mais depuis, les choses stagnent : « Me Edney déplore que cela n’ait pas été suivi d’excuses et du règlement rapide de la poursuite civile entreprise par son protégé. » (Manon Cornellier, op. cit.)

Une pétition a été lancée à la demande de Me Edney, « pour que le jeune homme puisse espérer reprendre le cours de sa vie. »

Le protocole est long mais vaut la peine!

« En dépit de tout ce qu’il a subi, Omar a toujours conservé sa sérénité, il ne s’est jamais laissé envahir par l’aigreur et la haine. Dans le film A Guantanamo’s Child, réalisé après sa sortie de sa dernière prison, Omar disait de ses bourreaux de Bagram en Afghanistan et de Guantanamo que « vouloir leur rendre le mal qu’ils lui faisaient subir c’était leur ressembler ». (Jacques Dufresne, entrevue avec Me Edney 7 février 2016)

« Toute l’affaire Khadr est, depuis ses débuts, marquée du sceau de l’arbitraire et de l’injustice, en plus du déni des obligations internationales du Canada. Les libéraux d’abord et les conservateurs ensuite en portent le fardeau. Les libéraux ont fini par reconnaître leurs torts, mais maintenant qu’ils sont de retour au pouvoir, ils ont le devoir de mettre fin à ce calvaire. » Manon Cornellier, op. cit.

_________________________________

À l'Agora, nous sommes aux côtés d'Omar Khadr depuis 2010, année où notre ami, le regretté Éric Volant lui consacra un article et un dossier. En février 2015, nous avons publié un entretien avec Me Dennis Edney à son sujet. Aujourd'hui nous nous joignons à cet avocat, qui est d'abord un homme juste, pour demander au gouvernement canadien d'offrir à Omar des excuses un règlement comme il l'a fait pour trois autres Canadiens torturés en Syrie: Almalki, Almaati et Nuruddin. Nous vous invitons à signer la pétition lancée par Mme Hélène Laverdière, députér du NPD à Ottawa.

 

À lire également du même auteur

Lettre de Noël à une amie française sur l'écrivain québécois Mario Pelletier
Lettre de Noël à une amie française, qui a connu le Québec. Sur un é

Vin
Extrait d'un article sur l'histoire de la nourriture cité ailleurs sur ce site.

L'art naïf ou les couleurs de la vie
« En matière d'art, l'érudition est une sorte de défaite : elle &

Jean-Pierre Parra, médecin poète
Dans cet «état de veille permanent», qui devrait être la définition

«L'art presque perdu de ne rien faire» de Dany Laferrière. Commentaire d'Hélène Laberge
De la recherche du temps perdu à l’art presque perdu de ne rien faire, un abîme?




Nos suggestions