Tout être humain est mystère

Joseph Conrad
Un moment auparavant je me croyais sûr du pouvoir des mots et maintenant, j’avais peur de parler, comme celui qui craint de perdre contact sur un terrain glissant a peur de se mouvoir.

C’est lorsque nous essayons de nous mettre en contact avec les intimes détresses d’autrui que nous pouvons comprendre combien les créatures avec qui nous jouissons de la vue des étoiles et de la chaleur du soleil demeurent pour nous incompréhensibles, flottantes, nébuleuses. C’est comme si l’isolement était une condition rigoureuse et absolue de l’existence; l’enveloppe de chair et de sang qui retient nos regards se dissout devant la main tendue; rien ne demeure que l’esprit capricieux, inconsolable, illusoire, que nul œil ne peut suivre, que nulle main ne peut étreindre. Ce fut par crainte de le perdre que je demeurai silencieux.

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