L'aphorisme

Jean Baudrillard
Tiré d'un recueil d'entretiens avec François L'Yvonnet.
Dans l'aphorisme, dans le fragment, il y a la volonté de dégraisser au maximum, on ne saisit plus alors les mêmes choses, les objets se transforment quand on les voit dans le détail, dans une sorte de vide elliptique. C'est d'ailleurs ce que dit Lichtenberg, dans un de ses aphorismes. À quelqu'un qui lui faisait remarquer qu'il avait beaucoup grossi, il répondit: «La graisse, ce n'est ni de l'âme, ni du corps, ni de la chair ni de l'esprit, c'est ce que fabrique le corps fatigué!» On peut en dire autant pour la pensée: la pensée grasse, c'est ce que fabrique l'esprit fatigué, il continue de produire tout comme le corps fatigué, il n'arrête pas, mais il produit du gras!

Autres articles associés à ce dossier

À lire également du même auteur

Huntington a tort
L'auteur réfute les thèses de Samuel Huntington à propos de l’affrontement de l’islam et de l




Nos suggestions